Les disciples d’Emmaüs

« Le Seigneur est ressuscité il est apparu » Jésus est vraiment ressuscité.

Benoit XVI nous en parle dans le deuxième tome de Jésus de Nazareth, de l’entrée à Jérusalem à la Résurrection (ed. Paroles et Silence pp. 283-324).

Si dans la résurrection de Jésus il ne s’était agi que du miracle d’un cadavre réanimé, cela ne nous intéresserait, en fin de compte, en aucune manière. Cela ne serait pas plus important que la réanimation, grâce à l’habileté des médecins, de personnes cliniquement mortes. Pour le monde en général et pour notre existence, rien ne serait changé. Le miracle d’un cadavre réanimé signifierait que la résurrection de Jésus était du même ordre que la résurrection du jeune de Naïn (cf. Lc 7,11-17), de la fille de Jaïre (cf. Mc 5, 22-24.35-43 et par.) ou de Lazare (cf. Jn 11,1-44). De fait, après un temps plus ou moins bref, ceux-ci reprirent le cours de leur vie d’auparavant pour, ensuite plus tard, mourir définitivement.

Les témoignages néotestamentaires ne nous laissent aucun doute sur le fait que dans la « résurrection du Fils de l’homme » quelque chose de totalement différent se soit produit. La résurrection de Jésus fut l’évasion vers un genre de vie totalement nouveau, vers une vie qui n’est plus soumise à la loi de la mort et du devenir mais qui est située au-delà de cela – une vie qui a inauguré une nouvelle dimension de l’être-homme. C’est pourquoi la résurrection de Jésus n’est pas un événement singulier, que nous pourrions négliger et qui appartiendrait seulement au passé, mais elle est une sorte de « mutation décisive » (pour employer cette expression de manière analogique, bien qu’elle soit équivoque), un saut de qualité. Dans la résurrection de Jésus, une nouvelle possibilité d’être homme a été atteinte, une possibilité qui intéresse tous les hommes et ouvre un avenir, un avenir d’un genre nouveau pour les hommes.

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