En quoi consiste cette vie ? En quoi diffère-t-elle de ceux qui ne sont pas baptisés ? La vie, c’est d’abord notre corps. Ce qu’il y a de plus intime et de plus universel.

L’eucharistie, est cette expérience au cours de laquelle nous devenons ensemble le « corps du Christ ». Cela concerne chacun d’entre nous, mais aussi l’humanité tout entière comme « corps social ».

La vie, c’est aussi le « cadre de vie ». Celui dans lequel nos corps entrent en relation avec les choses, les objets, l’univers tout entier, par nos sens (ouïe, vue, odorat, goût, toucher). Dans l’eucharistie, nos sens éclairés par la parole de Dieu nous font expérimenter le « monde de Dieu au cœur de notre monde. » C’est le sens de l’expression « sacrement ».

La vie, c’est l’espace dans lequel nos corps évoluent. Nous ne cessons de passer d’un lieu à l’autre. Chacun de ces lieux nous marque de façon singulière. Que faisons nous de nos espaces ? Où nous conduisent nos déplacements ? Dans l’eucharistie, le Christ lui-même, par le souffle de son Esprit, vient « élargir l’espace de nos tentes ». Il fait de nous un peuple « qui marche vers l’ouvert ».

La vie, les autres, notre « carte de relations ». La rencontre de l’autre est un long chemin. Comment bâtir un « vivre ensemble » lorsque la société fait de nous des rivaux et des concurrents ? Comment passe-t-on de la violence à la fraternité ? L’eucharistie ne résout pas nos conflits par miracle. Elle est la parole de fraternité à l’horizon de nos existences. Comment, autrement, dire ensemble le « Notre Père » ?

La vie, c’est le temps. Nos emplois du temps nous permettent-ils encore de savourer le temps comme un présent ? Réapprenons à « faire mémoire » : convoquer le passé pour comprendre le présent, afin d’ouvrir un avenir. Dans l’eucharistie, nous faisons mémoire d’un événement inouï qui s’est passé en Dieu lui-même et qui offre à toute l’humanité, dès aujourd’hui, la vie en abondance : en Jésus-Christ, Dieu s’est fait notre frère pour que nous vivions divinement de sa vie. À genoux devant ses frères, Il leur lave les pieds, Afin qu’ils se tiennent debout, S’entre-tiennent comme des frères, et qu’ils comprennent enfin que la fraternité est la vérité de la vie entre les hommes, puisqu’elle est la vérité de la vie en Dieu.

P. Louis SERARD

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